Une vingtaine de joueurs éthiopiens d’une équipe s’évaporent dans la nature après un tournoi en Suède.
Près d’une vingtaine de ressortissants éthiopiens ont mystérieusement disparu des radars après avoir pris part à la Gothia Cup, un tournoi international de football à Göteborg, en Suède.
D’après les informations fournies par la police locale, le groupe est composé de jeunes joueurs âgés de 14 à 17 ans, accompagnés d’un ou plusieurs encadreurs de la délégation.
C’est lors du dernier jour de la compétition qu’un responsable de l’établissement scolaire où logeait l’équipe éthiopienne a donné l’alerte, constatant que la délégation avait vidé les lieux à l’insu de tous, rapporte le quotidien Göteborgs-Posten.
Averties par les organisateurs de la Gothia Cup, les forces de l’ordre ont immédiatement ouvert une enquête pour disparition. Cependant, la police suédoise privilégie désormais la piste d’un départ volontaire, confirmant que les intéressés n’ont jamais repris le vol retour vers Addis-Abeba.
« Rien ne laisse penser qu’il s’agisse d’un acte criminel ou d’un réseau de traite d’êtres humains », a précisé Ellinor Halldin, responsable de l’unité des personnes disparues pour la région Ouest.
Fuites et demandes d’asile : un classique du sport international
Voir des athlètes internationaux s’évanouir dans la nature ou demander l’asile à l’issue de compétitions de jeunes en Europe n’a rien d’un fait isolé. Ce phénomène récurrent s’explique principalement par la pression des régimes politiques autoritaires, la précarité économique ou encore les promesses mirobolantes d’agents sportifs véreux.
Pour ces jeunes pépites issues de pays sous tension ou en difficulté économique, les tournois européens représentent une occasion en or : obtenir un visa, franchir légalement les frontières et saisir leur chance d’un avenir meilleur, quitte à disparaître une fois sur place.
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En Suède, la Gothia Cup ; le plus grand rassemblement de football jeune au monde est devenue au fil des ans un véritable point de chute pour de nombreux sportifs en quête de refuge.
L’Érythrée détient à ce jour le triste record de désertes au sein de ses sélections nationales lors des compétitions internationales. Une situation directement liée au service militaire obligatoire à durée indéterminée et au climat de répression politique qui étouffe le pays.
Face à l’ampleur de l’hémorragie, le gouvernement érythréen en était venu à exiger de ses athlètes le dépôt d’une forte caution financière avant tout embarquement vers l’étranger. Les risques répétés de défection ont d’ailleurs fini par pousser l’État érythréen à retirer carrément son équipe nationale des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, de peur de voir l’effectif se volatiliser lors des matchs disputés sur terrain neutre.
Au-delà de la Corne de l’Afrique, d’autres délégations de jeunes venus d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont déjà été protagonistes d’incidents similaires lors des tournois estivaux en Scandinavie, où l’accès ouvert des campus et la fluidité des transports régionaux facilitent grandement ces faux faux-bonds.


